La Villa Algérienne et sa Chapelle sur la presqu’île du Cap-Ferret …

Léon Lesca, originaire de la Teste de Buch, obtint sous Napoléon III l’adjudication de la construction du port d’Alger, entre autres.

De retour en France, il acheta aux enchères publiques avec son frère, un bien dans la presqu’île du Ferret, la moitié orientale de la forêt. Il devient alors propriétaire d’un domaine allant de Claouey à Bélisaire.

En 1865-1866, il fit construire sur ce terrain une villa de style mauresque, pavillon de chasse primitivement, qui devint par la suite une somptueuse villa, d’un style orientale, en souvenir des nombreuses années passées an Algérie.

A cette époque, le Cap Ferret comptait très peu d’habitants, les gardiens du phare, quelques douaniers et gardes forestier. Il n’y avait ni route ni chemin, et le village le plus proche, « Lèges », était à 15 kms. Tout arrivait par embarcation depuis Arcachon.

La villa devint le poste de commandement du vaste domaine.

Léon Lesca innovateur dans beaucoup de domaines, exploita la forêt, les parcs à huîtres, créa des réservoirs à poissons (Piraillan), planta des vignobles (dont le nom du port de la vigne), construisit une école, la jetée Bélisaire, et des logements pour le personnel.

Autour de la villa, dans un parc de 25 hectares, il planta des espèces rares, c’est lui qui introduisit le « Youcca » et le « Mimosa » dans le pays.

Léon Lesca fut aussi gérant de la Société Vapeur « Le Courrier du Cap », bateau qui faisait la traversée Arcachon – Cap Ferret transportant passagers et denrées pour le personnel en place.

Il mourut en 1913. La suite fut très triste pour cette magnifique demeure, qui en indivision avec les enfants, fut laissée à l’abandon. La villa fut réquisitionnée en 1940 par les allemands. Le jardin abandonné devint une immense jungle envahie par les lianes et les ronces.

L’héritier, dernier désigné, vivant au Maroc ne voulant pas s’encombrer d’une telle charge, vendit le domaine à des hôteliers qui à leur tour la vendirent à des promoteurs qui se chargèrent rapidement de sa démolition, pour construire un bloc de béton que l’on peut toujours voir.

En 1966, la femme de ménage de la famille Lesca, catastrophée de voir la demeure massacrée de la sorte en appela à « L’ORTF » de l’époque leur demandant de venir faire un reportage sur ce sacrilège (archives vidéo sur La Villa Algérienne).

Il ne reste donc plus que la « chapelle de la villa algérienne », que vous pouvez visiter. Chapelle qui fut construite une vingtaine d’années plus tard, en 1885, sous les ordres de Mr. Lesca.

Il n’y avait aucun lieu de culte sur la presqu’île du Ferret. L’église la plus proche étant à 15 kms, les enfant étaient obligés d’aller à la messe à Arcachon par bateau, ce qui n’était pas toujours sans danger certains jours. Léon Lesca, de ses propres deniers, fit construire la chapelle sur le domaine de la Villa. En 1885, il obtint du Président de la république, Mr. Jules Grévy, l’autorisation de célébrer les offices dans cette chapelle néo-mauresque, construite par Eugène Ormières.

Catherine Migeon